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« Source: OCDE – Migration 2015 Outlook. »

Selon Brian Keely, chercheur à l’Organisation de Coopération et Développement Économique (OCDE), la migration—où le phénomène de mobilité sous laquelle des individus ou des groupes passent les frontières—fait partie de l’histoire humaine. Selon lui, 2,9% de la population globale— soit 190.000.000 des personnes—sont des migrants (2009). Il ajoute que selon les évidences archéologiques, linguistiques et historiques, l’espèce homo sapiens, née il y a 50.000-60.000 ans avant, a commencé son premier flux migratoire vers ce qu’on appelle le Moyen Orient, marchant vers l’Inde, l’Asie, et l’Australie ; peu après ils ont traversé la mer de Bérin vers les Amériques et l’Europe. Dans l’histoire du monde, de nombreuses civilisations existaient et la mobilité entre les zones géographiques et politiques ont  changé la vie humaine : les grecques, les romans, les chinois, les wisigoths, et des siècles après, les anglais, les espagnols, etc.

La Migration au 20ème siècle

Au début du 20ème siècle, les éléments économiques et sociaux, et les politiques colonialistes des pays de l’Occident de l’époque, ont donné naissance à un flux migratoire qui visait majoritairement les États-Unis. Avec la modernisation des moyens de transport, les peuples des quatre coins du monde—surtout les juifs de l’Europe, les européens, et les asiatiques—ont voyagé pour chercher les opportunités économiques (ibid). Par contre, la population noire des États-Unis, ayant obtenu des libertés après l’abolition d’esclavage, ont fait de la mobilité interne, vers les grandes villes du nord des États-Unis leur champ migratoire, à des fins de recherche d’opportunités d’emplois (Pratt, 1926). Malheureusement, le racisme, la discrimination, et la xénophobie ont marqué cette période, et les migrants ont été victimes d’abus, ont rencontré d’énormes difficultés, et se sont retrouvés dans la précarité dans les pays d’accueil (Keely, 2009).

Enjeu : l’Assimilation

Dans les années 1920, un groupe de sociologues américains ont fait des études sur la réussite, les conditions, et la vie des migrants dans l’espace urbain de Chicago ; aujourd’hui, on appelle ce groupe des chercheurs et experts comme le Chicago School. Une des questions qu’ils ont traitée est celle de l’assimilation. On peut dire que pour les experts à l’époque, l’assimilation est un processus sous lequel un groupe minoritaire (les migrants) est absorbé par la société d’accueil (Park, 1921). Ce processus nécessite souvent que le groupe minoritaire perd son identité, ses croyances, ses valeurs, et sa culture d’origine afin de pouvoir accéder à la réussite économique, et que les communautés ethniques—les espaces dans une ville où il y a une concentration significative d’un groupe ethnique—sont  à la fois un symptôme de la difficulté et de la pauvreté, et le lieu des nouvelles opportunités dans un pays (Wirth, 1928, cité par Rea et Tripier, 2008). Cette idée de l’assimilation comme processus normatif a continué vers les années 1960, surtout avec le sociologue Milton Gordon, qui dit qu’un étape de l’assimilation est la perte de la culture d’origine (acculturation), dont le but est l’élimination des conflits ethniques et culturels entre le groupe migrant et la société d’accueil (1964). Aujourd’hui, les migrants se posent les mêmes questions : Devrons-nous laisser tomber notre identité, nos valeurs, nos croyances, et nos langues maternelles afin d’être acceptés dans le pays où nous allons ? Nos enfants vont-ils appartenir à notre communauté d’origine, ou à la communauté d’accueil ? Dans la période contemporaine, les experts sont en accord que la question d’assimilation est tellement complexe, mais vraiment important.

Les nouveaux migrants devront savoir les pratiques et les compétences exigées dans les pays d’accueil afin de réussir et arriver à se prendre en charge économiquement, mais les sociétés d’accueil doivent aussi savoir comment accommoder les nouveaux arrivants pour que tout le monde fonctionne en harmonie (Waldinger, 2011 ; Berry, 2002).

La Période Contemporaine

En 2014, 4,3 millions des migrants sont entrés dans les pays membres de l’OCDE contre 4.1% en 2013.  Ce chiffre, pris à l’échelle mondiale est en croissance de 6%, les États-Unis reste le pays de destination priviligié par les migrants, avec 1.031.000 migrants en 2012 et 989.000 migrants en 2013. En Europe, ce sont l’Allemagne et le Royaume-Uni qui ont accueil les plus des migrants, avec respectivement 468.800 et 291.000 en 2013. Comme preuve de l’ampleur de la migration internationale, les pays qui ne sont pas traditionnellement connus comme pays de destination ont accueilli des migrants, comme la Corée du Sud, qui en a reçu 66.700 personnes en 2013—une croissance de plus 12% au regard des chiffres de 2012(OCDE, 2015). Selon la même source, les pays à forte propension d’émigration sont la Chine (10%), l’Inde (4.4%), la Roumanie (5.5%) et la Pologne (5.3%). Quelques raisons importantes de la migration sont le regroupement familiale, l’importation de mains d’œuvre, et la demande d’asile liée à la recherche de sécurité.

En France,l’on dénombre 5,8 millions d’immigrés soit 8,8% de la population en 2013; 46% de ces migrants proviennent des pays de l’Europe, 30% de l’Afrique, 14% de l’Asie (la Turquie et la Chine), et 10% des Amériques (INSEE, 2014). Avec la vitesse des échanges économiques, la croissance des industries, et les conflits politiques entre les pays, la question de la migration devient de plus en plus importante.

L’ensemble des raisons évoquées modifient le profil migratoire qui connait à chaque instant des évolutions importantes. Au regard des raisons motivants les migrations, l’on décrit les demandeurs d’asile, les réfugiés, les personnes déplacées etc… notions qui seront élucidées à travers ce site web.